Les racines intellectuelles du Troisième Reich – George L. Mosse

Histoire No Comments »

2702137156.jpg

Hitler, le nazisme et le Troisième Reich ne firent pas preuve d’une grande originalité intellectuelle. C’est en étudiant les fondements idéologiques de l’hitlérisme que l’historien américain George L. Mosse a mis en lumière combien le romantisme allemand, dans son culte du Volk, de la terre et du sang, avait constitué le terreau d’une pensée raciale et ethniciste (völkisch) qui fit plus tard l’armature intellectuelle du régime national-socialiste.

La foi germanique en un peuple aryen et vierge de tout héritage biblique, l’exaltation des anciens Germains, le culte de la race enfin, avaient dès la seconde moitié du XIXe siècle ouvert la voie à une idéologie d’exclusion.

Bien avant 1914, la pensée völkisch avait pénétrée les mouvements de jeunesse allemands comme l’essentiel du milieu universitaire. Avec le traumatisme consécutif à la défaite de 1918, elle trouve un relais parmi une fraction importante des anciens combattants comme une large partie de la société allemande travaillée par le ressentiment et un antijudaïsme fonctionnant ici comme un code culturel et social.

Le mouvement hitlérien saura canaliser cette nébuleuse idéologique et traduire ces frustrations en termes politiques. En transformant in fine l’aspiration à une révolution antibourgeoise en révolution antijuive.

Enfin traduit en français, ce livre, capital, met en lumière la profondeur de l’enracinement intellectuel du Troisième Reich dans l’histoire de l’Allemagne comme dans celle, plus largement, du Vieux Continent.

Tout va bien – Arno Geiger

Actualités No Comments »

geiger.jpg 

Il fustige la non-repentance de la soi-disant « île des Bienheureux ». Un succès jusqu’en Allemagne… 

Le nouveau pape du roman en Autriche s’appelle Arno Geiger. Son quatrième ouvrage, « Tout va bien », s’est vendu à plus de 200 000 exemplaires en Allemagne et en Autriche. Loué par la critique, il a remporté le prestigieux Deutsche Buchpreis à sa sortie en 2005. Il est en cours d’adaptation au théâtre à Vienne, Geiger, un Voralbergois de 39 ans, a réussi la gageure de résumer l’histoire contemporaine de l’Autriche, tout en contant d’une plume acérée l’histoire d’une famille prise dans la tourmente, ballottée, broyée par les événements. L’exploit n’est pas mince, dans un pays habitué à « balayer sous le tapis », pour reprendre l’expression de l’écrivain Josef Haslinger, et toujours en délicatesse avec son passé national-socialiste.

Le mérite de Geiger ne s’arrête pas là. Certes, il n’est pas le premier à rompre les amarres avec un passé honni, à fustiger une société autrichienne non-repentante. D’autres l’ont précédé dans cette voie. Comme Elfriede Jelinek et Thomas Bernhard, il prend la parole au nom des post-soixante-huitards qui n’ont jamais connu la guerre, une génération déterminée à ne plus partager avec ceux qui y furent mêlés les responsabilités d’une cause moralement indéfendable. Mais, surtout, le livre s’attache à remonter le temps avec ses personnages, grâce à un procédé narratif original : le destin mouvementé d’une famille viennoise est retracé au travers de vingt et une journées, racontées en autant de châpitres.

Tout commence avec Philipp Erlach, une trentaine dépressif qui hérite de la maison de sa grand-mère Alma, et fait venir un conteneur pour en vider le contenu, sans états d’âme. Un moyen comme un autre de se débarrasser de l’histoire familiale dont il est le dernier chaînon, et va cependant le rattraper, à son corps défendant. Cette plongée involontaire dans la mémoire sert de point d’ancrage au récit, qui enchaîne les allers-retours entre les époques, depuis les années 30 et le temps présent, situé en 2001.

On découvre les tourments de Richard et Alma, les grands-parents sommés de se plier au joug nazi en 1938. Puis l’on bascule dans l’horreur des combats de rue à Vienne en 1945, vus par Peter, jeune garçon de 15 ans enrôlé dans le Volkssturn « pour finir l’affliction familiale ».

Apparaît Ingrid, fille de Richard et Alma, qui finira par épouser Peter et se révoltera contre son père, homme de pouvoir élevé dans une raideur toute germanique, mais dépassé par les événements. Richard, dont l’âme sombrera progressivement avec la maladie d’Alzheimer, comme une douloureuse allégorie de cette amnésie collective qui frappa les autrichiens après la guerre.

Dans cette fresque sombre et foisonnante, chacun des protagonistes semble condamné à devoir « faire avec ». Dans une écriture déliée, Geiger alterne les dialogues enlevés, les descriptions cliniques de scènes de la vie quotidienne et les soliloques trahissant l’essoufflement moral des personnages, avant de plonger soudain le lecteur dans un monde en pleine décomposition. Le passage décrivant le baptême du feu de Peter dans les décombres de Vienne, face aux Russes, possède ainsi la puissance d’évocation de
la Chute, ce film retraçant les dernières heures d’Hitler dans son bunker souterrain de Berlin.

Submergé par des souvenirs violents et parfois rances, produit involontaire des échecs et des frustrations de ses aïeuls, Philipp va se retrouver pris au piège à son tour, comme un insecte empêtré dans une toile d’araignée, victime dérisoire d’un naufrage personnel et d’un pays à la dérive, si loin de l’image d’Epinal qu’on se fait habituellement de l’Autriche, cette Insel der Selige (littéralement, « île des Bienheureux ») autoproclamée et dont les habitants auraient tant aimé « déposé le passé » en changeant de siècle.

Es geht uns gut (titre original), Carl Hanser Verlag2005. Traduit de l’allemand par Olivier Le Lay, Gallimard

Le Sec et l’humide - Jonathan Littell

Histoire No Comments »

Autopsie d’un cerveau nazi

 

Après avoir sondé la psychologie d’un officier SS, le lecteur de Jonathan Littell peut poursuivre son exploration du cerveau nazi avec le Sec et l’humide. Du personnage central de cette nouvelle parution, Léon Degrelle, chef de la légion “SS-Wallonie”. Hitler disait qu’il était “le seul Belge utilisable”. Les lecteurs attentifs des Bienveillantes l’ont déjà rencontré puisqu’il apparaissait partiellement en filigrane. Pourtant, ce n’est pas à la personnalité de Léon Degrelle que l’écrivain s’interesse, mais à son discours. A travers l’étude du langage qu’il a employé dans ses ouvrages. Littell signe une analyse sémantique et dissèque la vision du monde de cet homme. Divisant la société entre le “dur” (la carapace rigide et “intègre” du combattant nazi) et “l’humide” (la “boue visqueuse” de l’ennemi), Léon Degrelle entendait, par exemple, ériger la digue de ses armes et de son corps contre la “marée rouge” du bolchevisme…

Le Sec et l’humide n’est donc pas le nouveau roman de Jonathan Littell. Ici, il n’est pas question de fiction mais d’un exposé théorique rédigé en 2002 à l’occasion de ses travaux préparatoires aux Bienveillantes. Le million de lecteurs ayant dévoré son premier livre risque d’être déboussolé par ce livre atypique, riche en iconographie et en notes de bas de page. S’il s’adresse plus à l’historien qu’ à l’amateur de littérature, il n’en est pas moins un ouvrage essentiel à la compréhension de l’idéologie nazie.

La Peur et l’Espoir - Giulio Tremonti

Actualités No Comments »

Un brûlot du très berlusconien ministre du Trésor. Cent mille exemplaires vendus. Des solutions simplistes : travail, famille, patrie, autorité, etc…

C’est vrai, il y a Gomorrhe de Roberto Saviano, traduit dans 33 pays, vendu à plus de 1 millions d’exemplaires. Mais, dans un tout autre registre, il y a aussi la Peur et l’espoir. Europe : l’arrivée de la crise globale et les moyens de s’en sortir…

Tout un programme, signé Giulo Tremonti, ministre de l’Economie de Silvio Berlusconi. L’inventeur de “la finance créative”, qui a fait fortune en apprenant aux riches comment payer moins d’impôts, a publier ce brûlot d’une centaine de pages deux mois avant le retour du Cavaliere aux affaires. Neuf éditions en quatre mois, avec une accélération des ventes depuis le retour de l’auteur aux manettes du Trésor, voilà qui en dit long sur les attentes des Italiens.

Au départ, le livre ressemble à un manifeste signé Naomi Klein. “C’est comme si l’univers était devenu un énorme supermarché. Nous sommes en train de consommer le futur de nos enfants. Nous avons les portables, mais nous manquons d’enfants, par manque de politiques sociales. Nous allons à Londres avec 20 € mais avec moins de 40 € au supermaché, le chariot est vide”, tonne l’ouvrage. Fichtre ! Une taupe anti-capitaliste au gouvernement Berlusconi ? Hélas… Ce début est traitre. Très vite, la politique du bouc émissaire vient en renfort. Tremonti a trouvé les origines de cette “grande crise italienne” comme il dit. Vous voulez des responsables ? Des noms ? Il y en a plein ! En vrac : les grands scandales financiers, la découvertes des subprimes, la hausse de la facture pétrolière, les turbulences de la Bourse… Manquent la flambée des prix du shampooing et les jupes courtes des Romaines ! Ce désespérant magma, affirme Giulio Tremonti, est l’enfant boiteux de l’Europe, une entité mortifère et rigide. Une Europe à la traîne, ridicule, affaiblie par des gouvernements incapables de coaliser (une flêche au cabinet Prodi)… Cette fois, la faute à qui ? A la gauche, répond l’auteur, qui la décrit comme tétanisée, dégénérée, qui ne parvient pas à ce moderniser.

Ainsi va l’univers des ministres berlusconiens : une vaste étendue promise au désastre, parsemée d’affreux barbares que la droite, vêtue d’une cape blanche, s’est promis d’éliminer. La Chine fait partie de ces barbares. Comme la gauche mais à un niveau international cette fois, elle porte en elle les germes de la catastrophe. Le fameux péril jaune sape l’Italie. “Nous risquons d’être colonisés par l’Asie. Mais l’heure est venue d’essayer de déjouer ce danger”, conclut Giulio Tremonti, avant de convoquer Platon. Et notre Paco Rabanne de l’économie décline sept règles d’or pour sauver le monde…

Sa vision idéale s’appelle valeur, famille, identité, autorité, responsabilité, fédéralisme. En somme, les grandes lignes du programme de la coalition ficelée par son patron. Mais tout cela sans analyser, démontrer, raisonner, argumenter. Les seuls ouvrages cités, ce sont les siens. Des références qu’il estime valables…

Encensée par la droite, décriée par la gauche, la Peur et l’Espoir fait beaucoup discuter. Durant les semaines qui on suivi sa publication, les télévisions ont multiplié les débats en piochant leurs invités dans les deux camps. La presse écrite a créé deux courants pour et contre, en publiant des passages clés de la pensée tremontienne, laquelle est brève : il faut anéantir la gauche européenne, terreau de tous les maux. Et faire confiance, à lui, Tremonti. Les électeurs de droite doivent savoir qu’il possède la science de l’économie, de la finance. Et que, grâce à lui, l’Italie va enfin relever la tête et échapper aux désordres de la globalisation, peinte comme l’apocalypse des temps modernes.

Seul hic : notre ministre frondeur reste caché. Pas d’intervention, ni de tribune, encore moins de débats publics. Il se garde bien de répondre à ceux qui affirment que la Peur et l’espoir égrène le programme budgétaire qui sera mis en oeuvres ces cinq prochaines années… Et c’est bien là le plus effrayant : le ministre dévoile ses projets, même les pires.

Labyrinthe - Kate Mosse

Policier/Thriller No Comments »

labyrinthe.jpg 

Trois secrets. Deux femmes. Un Graal. Juillet 1209 : Dans la cité de Carcassonne, Alaïs, dix-sept ans, reçoit de son père un manuscrit qui, prétend-il, recèle le secret du Graal. Bien qu’elle n’en comprenne ni les symboles ni les mots, elle sait que son destin est d’en assurer la protection. Elle doit, au prix d’une foi inébranlable et de grands sacrifices, préserver le secret du labyrinthe, secret issu des sables de l’ancienne Egypte voilà plusieurs milliers d’années. Juillet 2005 : Lors de fouilles archéologiques aux environs de Carcassonne, Alice Tanner trébuche sur deux squelettes. Dans la grotte où gisent ces ossements, elle découvre, gravé dans la roche, un langage ancien, qu’il lui semble possible de déchiffrer. Elle finit par comprendre, mais trop tard, qu’elle vient de déclencher une succession d’événements terrifiants. Son destin est désormais lié à celui que connurent les Cathares, huit siècles auparavant.

Terreur - Dan Simmons

Policier/Thriller No Comments »

 dan_simmons.jpg

Au milieu du XIXe siècle, deux navires de la Marine royale anglaise se retrouvent coupés du monde, pris au piège des angoissantes ténèbres arctiques. Vétéran de l’exploration polaire, l’orgueilleux Sir John Franklin était pourtant convaincu de réussir à découvrir le mythique passage du Nord-Ouest, et d’assurer ainsi à l’Empire britannique une domination totale des mers. Mais l’entreprise, mal préparée, tourne vite au désastre : les navires Erebus et Terror sont faits prisonniers des glaces et Sir John meurt dans des circonstances dramatiques. Son second, le valeureux capitaine Francis Crozier, hérite alors du commandement d’une expédition en péril. Isolé dans cet enfer blanc, l’équipage est en butte aux assauts incessants d’une mystérieuse créature qui transforme la vie à bord en cauchemar… Délaissant, comme il le fait parfois, la science-fiction, Dan Simmons offre ici sa propre relecture d’un tragique et célèbre fait divers et livre un monumental roman historique d’une intensité dramatique et d’un souffle exceptionnels

Pourquoi les rayures ont-elles des zèbres ? - Jean Baptiste Giraud

Science Humaine No Comments »

pourquoi_rayures_zebres.gif 

L’aventure est vieille comme le monde. Pourtant, quand l’enfant paraît, l’Homme n’est pas préparé aux bouleversements que petit d’homme va provoquer dans sa vie. En particulier quand arrive l’heure des premiers « pourquoi ? ». Oui, pourquoi les zèbres ont-ils des rayures et les chevaux n’en ont pas ?
Pourquoi glissons-nous aisément sur la neige fraîche, et pas sur la glace ou la neige fondue ? Pourquoi ne savons-nous pas répondre, et pourquoi ne nous sommes-nous jamais posé la question avant ?
Des pourquoi, il nous en vient aussi tous les jours, dans une discussion à bâtons rompus, dans une réunion ou à dîner… Sans Internet sous la main. Et quand bien même, on trouve de tout et surtout du n’importe quoi sur le réseau mondial, où il faut faire le tri avec parfois des surprises !
Aucune des réponses aux questions proposées dans cet ouvrage n’est en soit indispensable à votre quotidien. Mais chacune éclairera vos sorties, vos conversations d’ascenseur ou vos moments de rêveries solitaires dans les embouteillages.
Tiens, au fait, pourquoi la file de gauche paraît toujours aller plus vite quand on est à droite, et la file de droite quand on est à gauche ?

Le vrai canard - Victor Noir

Science Humaine No Comments »

 le_vrai_canard.gif

Il était une fois un journal satirique paraissant le mercredi qui écornait tous les pouvoirs, séculiers et réguliers, qui n’était lié à aucun parti, ne dépendait d’aucun budget publicitaire, et n’avait d’autre souci que railler, en un temps d’ordre et de censure. Sous la guerre d’Algérie, « Le Canard enchaîné » fut un des lieux de résistance, notamment de protestation contre la torture. On l’achetait pour rire, pour lire les délicieuses chroniques de
la Cour, pour s’assurer qu’en France les libertés publiques n’étaient pas mortes. Au tournant des années 1970, le journal change complètement. D’équipe, de projet, de nature. Il soutient expressément les socialistes qui vont accéder au pouvoir. Et surtout, il se mue en journal d’investigation et d’influence. Les vingt-cinq permanents (les mieux payés de la profession) s’entourent d’une armée de collaborateurs de l’ombre cela va des amis politiques aux agents secrets, de la garde rapprochée de Mitterrand à Jean Montaldo, des juges aux justiciables. Un journal d’influence, cela veut dire un journal qui influence et un journal qui est influencé. On sait aujourd’hui que l’affaire des diamants de Bokassa fut un coup monté par les gaullistes contre Giscard, que les micros clandestinement posés au « Canard » ne furent pas, comme l’écrivit le journal, découverts par hasard, que la feuille d’impôts qui coûta sa carrière à Jacques Chaban-Delmas n’est pas sortie de nulle part. On sait que le dossier Papon fut fouillé de près, à bon droit, mais que le dossier Bousquet, ami de Mitterrand, fut opportunément refermé. On flaire que Boulin à droite, Bérégovoy à gauche, tous deux suicidés, furent indirectement flingués par des amis qui leur voulaient du bien. C’est cette saga que racontera le livre. Avec minutie et sans hargne aucune. « Le Canard », les auteurs l’aiment bien. Mais, puisqu’il fait la morale à tout le monde, il est temps qu’à son tour il devienne objet d’une investigation rigoureuse. 

Le livre tibétain de la vie et de la mort - Sogyal Rinpoche

Divers No Comments »

 9782253067719.gif

Dans cet ouvrage, Sogyal Rinpoché concilie l’ancienne sagesse du Tibet et la recherche contemporaine sur la mort et les mourants, sur la nature de l’esprit et de l’univers. Il présente de façon claire la vision de la vie et de la mort telle que nous la propose la tradition tibétaine. Il explique notamment ce que sont les ” bardos “, ces états de conscience après la mort qui ont tant fasciné les artistes, médecins et philosophes occidentaux, depuis la publication, en 1927, du Bardo Thödol (le Livre des morts tibétain). Sogyal Rinpoché montre que dans la mort, comme dans la vie, l’espoir existe et qu’il est possible à chacun de transcender sa peur pour découvrir ce qui, en nous, survit et ne change pas. Il propose des ” pratiques ” simples mais puissantes que chacun, quelle que soit sa religion ou sa culture, peut accomplir afin de transformer sa vie, de se préparer à la mort et d’aider les mourants. Ce livre est aussi une introduction à la pratique de la méditation, ainsi qu’aux notions de renaissance et de karma. Le Livre tibétain de la vie et de la mort n’est pas seulement un chef-d’oeuvre spirituel, c’est un manuel, un guide, un ouvrage de référence et une source d’inspiration sacrée.

Le spectre de Staline - Martin Cruz Smith

Policier/Thriller No Comments »

9782020961271.gif 

Alors que la neige tombe sur Moscou, le fantôme de Staline apparaît sur le quai d’une station de métro. Chargé d’enquêter sur l’affaire, l’inspecteur paria Arkady Renko tombe sur un obscur réalisateur porno bien décidé à fixer cette hallucination collective sur la pellicule pour le bénéfice du nouveau parti de «
La Russie patriote ». Renko fait avorter le projet, et aussitôt, les ennuis commencent : son fils adoptif, Zhenia, 13 ans, multiplie les fugues, et son épouse, Eva – une rescapée de Tchernobyl – le lâche. Puis, au cours d’un tournoi d’échecs, le père biologique de Zhenia blesse Renko d’une balle dans la tête.
Un mois plus tard, Renko est muté en province et doit abandonner l’enquête qu’il menait sur une série de disparitions suspectes concernant des anciens d’une unité de Bérets noirs qui a taillé en pièces des rebelles Tchétchènes pourtant supérieurs en nombre. Nicolaï Isakov, le patron de l’unité, a intégré la police moscovite avec son second, Marat Urman. Capitalisant sur son passé héroïque, il se présente sous la bannière de «
La Russie Patriote » à la sénatoriale de Tver. Il semble qu’Eva, qui l’a connu pendant le conflit tchétchène où elle soignait tous les belligérants, l’ait rejoint…
Renko obtient sa mutation à Tver et fera la vérité sur l’affaire.

Moscou des SDF, mafieux et anciens apparatchiks, Cruz Smith montre un pays en proie aux fantômes et réincarnations d’un passé de massacres. De superbes passages (Béria accompagnant Staline au piano, tournoi d’échecs, bains de minuit sous la glace… etc.) nous entraînent dans les dédales d’une Russie encore bien dictatoriale.


Theme ndesign-studio.com Powered by Blogvie.com & WordPress
Entries RSS Comments RSS Connexion

Créer un Blog | Ndd | Créer Forum | Blogs Actifs | Top Blogs | Signaler un abus !