Michael Jackson va-t-il sauver l’industrie du disque?
Les ventes de ses albums et chansons, physiques et virtuelles, s’envolent…
Michael Jackson va-t-il sauver l’industrie musicale? Alors que ce marché est en crise, ayant perdu la moitié de sa valeur depuis 2002, la mort de la star dope les chiffres de ventes de ses disques et de ses singles.
Aux Etats-Unis, 415.000 exemplaires des albums solos de la star décédée ont été achetés la semaine dernière contre seulement 10.000 exemplaires la semaine d’avant, qui s’est achevée le 21 juin. Cette ruée des fans de Michael Jackson représente quasiment le double du nombre d’albums vendus du 1er janvier au 21 juin (297.000 exemplaires).
Réassorts massifs
En France, chez Virgin, des réapprovisionnements de la discographie de Bambi ont été faits dans les magasins du réseau dès vendredi, lendemain de sa disparition, puis lundi et encore ce mercredi matin. Du côté des fans, le besoin d’accumuler la discographie de Jackson ressemble à une collecte de reliques. «On veut tout acheter, tout, pour tout garder», disait une mère de famille béninoise sur l’antenne de France Inter.
Même topo pour la Fnac, qui n’en finit plus de vendre du Michael Jackson. Celui-ci a envahi les cinq premiers rangs du classement des ventes de CD depuis l’annonce de sa mort. En tête: l’album «King of pop». Quant au coffret édité à l’occasion des 25 ans de «Thriller», il est deuxième des meilleures ventes. Mais tous les stocks sont écoulés, explique
la Fnac, interrogée par 20minutes.fr. Au moment où l’on publie cet article, Jackson squatte aussi le top 10 des ventes musicales d’Amazon.fr.
Gigantisme
En face, Sony, la maison de disques de Michael Jackson, peut se frotter les mains. Le pain est béni, même si le rush est ingérable. En interne, on sue à grosses gouttes devant l’afflux de demandes de fans et de magasins pour obtenir des objets mémoriels du roi de la pop depuis sa disparition. Un afflux qui rappelle le bon vieux temps, quand la star faisait carton sur carton. «Les succès du type de Michael Jackson échappent complètement à leur maison de disques, se souvient Henri de Bodinat, ancien patron de Sony Music France. Ce n’est pas la maison de disques qui fait son succès, c’est un succès qui déferle. La maison de disques ne fait que constater une espèce de tsunami qui balaie la planète.»
Sony n’a pas souhaité donner de chiffres sur le tsunami post-mortem.
Dans sa liste publiée mercredi, Billboard indique que la compilation «Number Ones» arrive en tête des ventes avec 108.000 exemplaires vendus la semaine dernière outre atlantique. Suivent «The Essential Michael Jackson» et «Thriller» dont les ventes atteignent respectivement 102.000 et 101.000 exemplaires pour cette même semaine qui s’est achevée le dimanche 28 juin et durant laquelle Michael Jackson est décédé.
En coulisses, on sait pourtant qu’il en faudrait encore beaucoup pour que Michael Jackson rattrape les pertes record d’une industrie du disque déclinante. «Tout cela, c’est le début de la fin et même si Michael Jackson vend encore ses disques par millions, c’est à chaque fois un peu moins et son déclin créatif correspond aussi à celui de l’industrie qu’il a portée», peut-on lire sur bienbienbien.net.
Il n’y a pas que les ventes de disques physiques qui se sont envolées. Les téléchargements — sur les plates-formes légales — de Michael Jackson aussi. On note ainsi une hausse exponentielle avec, en une semaine, 2,6 millions de téléchargements numériques de titres du chanteur et du groupe les «Jackson 5», contre 48.000 chargements la semaine d’avant, relève Billboard pour les Etats-Unis. Sur le site de la Fnac, qui vend 1,8 million de produits, 5% des recherches concernent Michael Jackson. Lequel trône aussi dans le top 5 des titres téléchargés.
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